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ARICKX Lydie Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
     
 
Galerie GrandRue - Poitiers- Arickx
ARICKX Lydie
 
  Née à Seine Saint Denis
Lieu de travail : Landes
 
     


                      Lydie Arickx organise régulièrement des événements culturels sur de grandes scènes nationales (Le Sénat…) et régionales ( le Cadran… ) etc.. mettant en scène l’art contemporain et l’art vivant. La particularité de sa démarche est de démocratiser l’art dans des lieux insolites afin de rendre le public plus réceptif. Lydie Arickx se partage entre son travail de peintre et sculpteur et la création de dynamiques de rencontres impliquant l’art au sein de la population. Dans cette démarche elle participe à de nombreux ateliers de sensibilisation dans le cadre des écoles et des entreprises. Lydie Arickx est Chevalier de l’Ordre Nationale des Arts et des Lettres.

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1954 Née à Villecresnes (Seine & Oise) de parents d’origine flamande
1974-78 ESAG, Ecole Supérieure d’Arts Graphiques, Paris
1978-91 Vit et travaille à Paris
1991 S’installe dans les Landes


La peinture réfléchissante
de Lydie Arickx
 
Notre image se résume-t-elle au reflet que nous renvoie le miroir ou n’est-elle pas aussi celle que nous adresse, comme par ricochet, le monde qui nous entoure ? Lydie Arickx prend cette question à bras le corps et munie d’un véritable bouclier de Persée, éclabousse le public de sa peinture, le laissant ainsi littéralement médusé.

Lydie Arickx peint depuis plus de vingt ans des corps décharnés d’hommes «en lambeaux», comme elle aime à les appeler. De sa présence assidue aux vivisectionspratiquées à la Faculté de chirurgie de Paris, elle a gardé une précision et une connaissance de l’anatomie qui lui permettent d’étirer la chair humaine jusqu’à ses limites formelles. «J’ai travaillé sur des cadavres et sur des corps vivants aussi, avec des professeurs qui pratiquaient la
vivisection de façon admirable. Je trouve qu’il y a une relation poétique des mots diffusés dans les chairs, c’est tout un langage. Quand on voit cet ordre qui règne à l’intérieur de nous, comme tout s’articule, comme tout se gère indépendamment de nous, alors que nous n’en avons aucune conscience. Nous savons que nous avons un coeur qui bat. Un cœur qui bat, oui d’accord, on peut imaginer un coeur qui bat, on peut le savoir comme on peut l’avoir lu, mais quand onl’a vu, c’est complètement différent . Depuis toute petite, j’ai toujours été extrêmement curieuse, mais je n’ai jamais rien pu compre n d re sans l’avoir vu»1, explique-t-elle, inscrivant clairement son
oeuvre dans une lignée picturale qui va d’Egon Schiele à Zoran Music. L’on est d’ailleurs frappé par la parenté
qu’offre sa peinture avec celle de ce dernier. Mais alors que le travail de Music sur les corps décharnés renvoie à une expérience vécue - celle des Camps de la Mort - l’obsession des cadavres se situe, chez Lydie Arickx, sur un tout autre plan. «Zoran Music est un très grand peintre.C’est vrai qu’on a quelque chose de commun dans le plaisir du dessin, l’expression de cette ligne qui échappe à tout contexte intellectuel, qui est juste un prétexte, je
dirais, à crier, à déchirer le papier et aller au creux de tout ce dialogue. Le fait aussi qu’il ait beaucoup travaillé sur des paysages parallèlement aux corps, aux charniers, nous rapproche. Mais avec cette gigantesque différence que j’ai une approche de la mort qui n’est pas morbide du tout puisqu’elle ne fait pas partie d’une expérience vécue. Lui, il a vécu dans ce trou, dans cet univers carcéral des camps tandis que moi, j’ai eu la volonté d ’ aborder la mort alors que je venais d’avoir mon premier enfant et que j’étais en parfaite harmonie. Certes, je venais de perd re mon père, mais j’avais une existence complètement calme, ce n’est donc pas un travail qui s’est imposé à moi de la même manière». Elle ajoute que, pour elle, la mort est un prétexte à la vie, qu’elle ne peut envisager cette dernière pleinement qu’en se rattachant à la mort. Si étrange que cela puisse paraître, sa peinture n’est pas macabre; cette explosion de chair ensanglantée ne s’explique alors que dans une relation à la vie... Mais quelle vie?

Lorsque le peintre Corneille écrit en 1991 qu’elle cherche à «Pousser loin, loin en des recherches acharnées vers une formulation presque abstraite, l’épouvante qu’elle veut vaincre en évoquant cette déchirante humanité. (...) Une grande vérité sacrée est dite»3, de quelle vérité parle-t-il ? Se cache-t-elle derrière les cris et les gestes d’une Lydie en plein travail (voir la vidéo d’Alex Bianchi qui la montre au travail dans son atelier), de cette femme qui monte courageusement à l’assaut de formats immenses en livrant un combat qu’elle ne semble pas prête à
vouloir perdre ? Quand Persée aff ronte le monstre à la chevelure de vipères, il s’aide de son bouclier réfléchissant qui lui évite d’être transformé en statue de pierre. L’histoire rappelle qu’après avoir tranché la tête de la gorgone, il l’offre à la déesse Athéna qui l’accroche à son propre bouclier afin de bénéficier du pouvoir apotropaïque du regard méduséen. C’est ainsi que l’image de la Méduse devient, paradoxalement, l’image qui protège. En percevant les peintures de Lydie Arickx comme autant d ’apotropaïon, se fait jour l’idée qu’elle ne couche pas sur le carton ou le papier d’hypothétiques pulsions destructrices refoulées mais bien qu’elle cherche, au travers de ses personnages, à se protéger, à exorciser ce qu’ils nous renvoient de terrifiant. Le travail sur les personnages sculptés semble répondre à ce même désir. Torturés, leurs corps le sont également, sans nul doute, mais dans un mode de représentation moins fragmenté, moins déroutant que dans la peinture. C’est d’ailleurs peut-être là que l’autoportrait se dévoile plus franchement, comme nous le fait soupçonner cette photographie de l’artiste se tenant à côté de celle qu’elle nomme «belle girafe» et dont la ressemblance va bien au-delà du simple mimétisme de la pose (Fig. 4).
Néanmoins, si l’on sent dans les sculptures de Lydie Arickx un même «souffle» que dans ses peintures, l’on a tendance à prendre avec elles plus de distance car elles n’imposent pas ce même pouvoir réfléchissant des oeuvres bidimensionnelles. Serait-ce parce que ces dernières recèlent davantage de la «vérité» dont parlait Corneille ? Et si dans cette vérité se reflétait l’image de notre mort, proche ou lointaine, mais bel et bien certaine ? «La m o rt, c’est comme la perspective, c’est une abstraction pure», comme si la mort était cet irreprésentable, ce point de fuite abstrait et invisible qui donne son sens et sa profondeur au tableau... Si vous demandez à Lydie Arickx quelle image elle a d’elle-même, elle s’en sortira toujours avec une pirouette en vous parlant de son travail, (mais l’image del’oeuvre ne se confond-elle pas ici avec l’image de l’artiste ?) : «Mon travail fait appel à ma mémoire, et cette mémoire est principalement une mémoire d’observation et d’émotion. Il ne pourrait pas être abstrait car mon oeuvre a besoin de la chair, du sang, de l’âme, tout ce qui peut transpirer chez l’homme; je ne sais pas m’en détacher. Moi, j’ai un travail très primitif, presque rupestre, ce sont des messages et des significations qui ont trait à la vie quotidienne et à la douleur de l’homme. Ce qui m’intéresse c’est le psychisme
de l’homme, c’est ce qu’il n’ arrive pas à assumer dans sa quotidienneté. Ma démarche est extrêmement simple,
presque aussi simple qu’un dessin d’enfant». Puis, avec son rire qui a déjà fait couler beaucoup d’encre, elle vous renverra inexorablement à sa peinture.
Là, dans un frémissement ontologique incontrôlable, ces corps déchiquetés ne feront écho qu’à vous-même, à l’être de votre propre image: celle de la mort.

Anna GUILLÓ et François BONNELLE
1. Entretien avec Lydie Arickx, 21 décembre 1998, propos
recueillis par François Bonnelle et Anna Guilló.
2. Lydie Arickx, Les racines du chaos, exposition au
Couvent des Cordeliers à Paris, du 18 novembre 1998 au
10 janvier 1999.
3. Corneille, catalogue de l’exposition de Lydie Arickx,
Paris, galerie Michèle Sadoun, 1991.


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Expositions personnelles
:

1982 Galerie Jean Briance, Paris (Aide à la première exposition)L’Amour»: Galerie l’Escapade, Genève
1983 Galerie Amaury Taittinger, New York
Galerie Jean Briance, Paris

1984 Galerie Garnier, Amiens
Galerie Amaury Taittinger, New York
1985 Galerie Jean Briance, Paris
Musée de Dunkerque
1986 Musée d’Art Contemporain, Dunkerque
Galerie Jaqueline Moussion, Nantes
FIAC: Galerie Jean Briance, Paris
1987 Galerie la Malgrange, Thionville
Galerie Jaqueline Moussion, Carnac
Galerie Nicole Buck, Strasbourg
1988 Galerie de Giele Gere, Gant (Belgique)
Galerie 2016, Bruxelles
Galerie Frechen, Cologne (RFA)
Galerie 2016, Neuchatel (Suisse)
Galerie Mat, Amsterdam
Galerie Oniris Barnoud, Dijon
Galerie Jean Briance, Paris
Galerie Nicole Buck, Strasbourg
1989 Galerie Rencontre, Bruxelles
RVS Gallery, Southampton N.Y.
Carré des Arts du Parc Floral de Vincennes, Paris
«Barcelona International Art Fair», Barcelone
Galerie Pierre Marie Vitoux, Paris
Galerie Jenny Vrijdag, Renaix (Belgique)
1990 Galerie Christine Colmant, Bruxelles
Galerie Zour Alten-Deutschen Schule, Thun (Suisse)
Galerie Felman, Paris
Galerie Vulkan, Mayence (RFA)
Foire de Bâle (Suisse) Galerie Colmant (Bruxelles)
Foire de Bâle (Suisse) Galerie Oniris Barnoud (Dijon)
Foire Linéart: Gand, Belgique (Galerie Vrijdag, Renaix)
Galerie Pierre Marie Vitoux, Paris
Galerie Oniris Barnoud, Dijon
1992 Galerie Psyché, Martigues
Galerie 27, Toulouse
Galerie Varga Darlet, Bordeaux
1994 Galerie Pierre Marie Vitoux, Paris
Galerie Gimaray, Paris
1995 Galerie Lillebonne, Nancy
1997 Galerie Pierre Marie Vitoux, Paris
Salon d’Erné, Mayenne: invitée d’honneur
1998 Centre 2000, Arcachon: peintures, sculptures
Galerie Margaron, Paris
Château de Viaud, Lalande de Pomerol: fresque 25 m x 2,5 m
Couvent des Cordeliers, Mairie de Paris: peintures, sculptures
Galerie Méduane: Laval
1999 Pour le 800e anniversaire de la Jurade de Saint Emilion, exposition personnelle dans le cloître
et, sur le thème de la crucifixion, dans l’Eglise Monolithe
2000 Exposition personnelle dans l’atelier de Guy Lebaigue, Nontron
2001 Galerie Art Témoin, Paris
St’art 2001, Strasbourg
Chapelle des Carmes : Musée de Borda, Dax : Tauromachie
2002 Collégiale Saint Pierre-La-Cour, Le Mans
Galerie l’Atelier, Le Mans
Galerie Idées d’artistes, Paris : Un genou en terre
2003 Carré/Musée Bonnat, Bayonne : Job, un genou en terre
Basilique Saint Jean, Troye : Les déscentes de croix
Plaza Conde de Rodezno, Peintures et sculptures : Pamplona, Espagne
Le Temple, Caussade : Taurôs
MAC-ModernArtCenter-FondationRustin, Anvers : Arickx-Nitkowski-Rustin
2004 Chapelle Saint Jacques, Vendôme : Mémoires du corps
2005 Galerie Idées d’artistes, Paris : État de Grâce
Art Paris : Carrousel du Louvre, Paris


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Collections publiques :

Musée National d’Art Moderne, Paris
Musée de Dôle
Musée de Dunkerque
Fond National d’Art Contemporain, La Défense
Musée de Carcassonne
Musée de Tokyo (Japon)
Centre Pompidou: accrochage organisé par Christian Boltanski des
collections du Cabinet d’arts graphiques, acquisitions 1977-98


Emissions télé et radio : longs métrages consacrée à l’artiste
2000 Faut pas rêver, 6 octobre : Les maîtres du bronze
Arte, Metropolis : Festivals d’été
2001 France Culture, Les femmes et l’amour : entretien avec Gérôme Clément
France Culture, Femmes et création : entretien avec Anne Sophie Vergne
2002 France Bleu Gascogne, Vie de couple


Conférences :
1993 CNRS : Sculpture et neurosciences
2002 Inauguration du Domaine du Montcel, Jouy-en-Josas
« Inventons demain » Vichy : Alliance Fromagère – Bongrain Gérard


Œuvres monumentales :
1993 Fresque 30 x 3,5 m pour le hall d’entrée de l’ Hôpital Paul Brousse
(Prof. Henry Bismuth), Villejuif
1994 «Bacchanales» fresque 9 x 3 m pour les chais du Château Lagnet
(Hélène Levieux-Leclerc)
1995 Décoration du plafond des chais du Château Lagnet (Hélène Levieux-Leclerc)
1999 Maternité, réalisation d’une fresque de 300 m2, pour la Maternité de l’Hôpital Intercommunal
de Créteil (Prof. Bernard Paniel)
1999 Alma mater, commande de l’IUFM de Mont de Marsan pour une sculpture
monumentale en béton poli de 5m de haut
1999 L’homme qui marche, fonte en bronze d’une statue monumentale 3 m de haut
2000 La Genèse, fonte en bronze d’une fontaine monumentale 3m x 2m, pour le Château Lagnet, (Hélène Levieux-Leclerc)
2003 « Le tronc commun » sculpture monumentale en béton de 7 m. de haut, pour les 50 ans de l’entreprise FP Bois à Mimizan

 
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