| Sabrina GRUSS |
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![]() La Galerie Grand'Rue aura le plaisir de présenter, pour la première fois, les oeuvres de Sabrina Gruss. Exposition personnelle du 27 mars au 30 avril 2010.
Elle explore les sous-bois, fouine les lieux où la moisissure et la rouille ont accompli leur oeuvre, où grouillent d’improbables créatures ou leur souvenir. Crânes de piafs et bouts d’os font son affaire : elle se prépare à une résurrection de tendres dépouilles car elle a appris à murmurer à l’oreille de ceux que l’on croyait défunts. Paluds-de-Noves, un nom d’ailleurs. A l’heure où le Créateur efface de sa gomme légère les dernières traces de nuit, une silhouette se dessine sur le chemin de traverse. Elle se penche, fouille un buisson, examine un coin d’herbe, repère une coquille vide et ramasse délicatement un oiseau mort de n’avoir pas su voler. Plus loin, pris dans un piège, un splendide renard a rendu son dernier souffle. Mains tendues, coeur serré, l’artiste l’emporte au loin, dans son cimetière personnel où d’autres os se séparent de leur chair, blanchissent et attendent de prendre part à la résurrection qu’elle leur a promis. Sabrina Gruss est une magicienne. Devant son atelier, branches ondulées, racines déterrées, morceaux de bois noueux, crânes d’animaux attendent leur heure. Il n’est pas rare qu’un voisin attentionné vienne accrocher à la poignée de la porte un sac, petite sépulture transitoire pour un animal tué au combat, écrasé, fauché ou tout simplement emporté par la maladie ou la vieillesse. Le purgatoire n’est qu’une étape, un passage d’un monde à un autre. Chaque jour, installée sur son tabouret, l’artiste poursuit l’histoire de tous ces restes, leur offre une seconde nature.
Marie-Laure Desjardins |
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